Un avion de A à Z – 1ère partie – Cockpit d’un appareil léger

Cet article est le premier d’une série qui vous propose de décortiquer toutes les parties d’un avion. Et quoi de mieux pour commencer que de s’intéresser au poste de pilotage d’un avion léger ?

avion-A-Z-cockpit-avion-leger

Il s’avère en effet que le poste de pilotage (le cockpit) des avions – qu’ils soient gros ou petits, européens ou américains, etc – est la plupart du temps organisé de la même manière. Nous allons donc aujourd’hui explorer le cockpit d’un TB20, ce qui permettra ultérieurement de transposer ces explications à un avion de ligne.

Le TB20, aussi appelé Trinidad, est un avion construit par la Socata, une société française dont l’usine se trouve sur l’aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées. Il s’agit d’un avion léger (1400kg maximum avec le carburant et les passagers) qui peut transporter jusqu’à quatre personnes.

On peut avoir l’impression qu’il y a plein de boutons, mais en réalité c’est tout simple !

 

Pour commencer, petit aperçu général de l’environnement que les pilotes ont devant les yeux :

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Au même titre qu’une voiture d’auto-école, la majorité des avions peuvent se piloter presque indifféremment depuis la place gauche ou droite.

En avion le « Commandant de Bord » prend traditionnellement le siège de gauche. Il semblerait que cette convention ait une origine équestre : il y a fort longtemps, les cavaliers montaient à cheval par la gauche, en raison de l’épée portée de ce même côté et afin de ne pas blesser leur monture. L’épée a disparu, mais les cavaliers d’aujourd’hui montent toujours à cheval par la gauche, et il en va de même pour les aviateurs !

Allez savoir pourquoi, mais en hélicoptère c’est l’inverse…

C’est pour cela que vous voyez deux volants. Ces volants (parfois des « manches à balais ») permettent de diriger l’avion une fois en l’air. Mais pour se déplacer au sol on utilise les palonniers (que vous pouvez distinguer sous les volants), des pédales qui viennent se placer sous les pieds. En appuyant sur la pédale de gauche on tourne à gauche et en appuyant sur la pédale de droite on tourne à droite : tout simplement ! Aucun rapport donc avec un accélérateur et une pédale d’embrayage !

Les curieux se demandent certainement à quoi sert le petit bouton rouge sur une des cornes du volant de gauche… Il s’agit d’un bouton qui permet de déconnecter rapidement le pilote automatique lorsqu’il est enclenché et de reprendre alors un pilotage manuel.

 

Deuxième étape de cette visite, le cadre de gauche, qui comprend les instruments principaux pour le pilotage :

avion-a-z-cockpit-TB20-instruments

Dans l’ordre, sur la rangée du haut, de gauche à droite :

→ Un anémomètre, qui indique la vitesse, de la même manière que dans votre voiture. Parce que son nom est un peu long, on le surnom « badin », du nom de Raoul-Edouard Badin, son inventeur en 1914. Si les valeurs qu’il indique vous paraissent un peu faibles pour un avion, c’est qu’en réalité celui-ci est gradué en nœuds (l’unité la plus utilisée en aéronautique) et non en kilomètres par heure.

→ L’horizon artificiel, permet de savoir dans quelle position se trouve l’avion même si on ne peut pas regarder dehors. Le bleu clair représente le ciel, le marron foncé la terre et la petite maquette orange, ce sont les ailes. On saît de cette manière si notre avion est penché à gauche, à droite, si le nez est en l’air ou vers le sol, ou un peu de tout ça combiné…

horizon-artificiel

→ L’altimètre, qui comme son nom le laisse entendre indique notre altitude. Celle-ci n’est pas donnée en mètres ou kilomètres, mais en pieds.

→ Le variomètre indique une vitesse verticale, c’est à dire qu’il permet de savoir si l’on monte ou si l’on descend et à quelle vitesse.

Ca va, vous avez encore le courage de vous attaquer à la deuxième rangée ? Promis, ce sera plus rapide :

→ Sous le badin (l’indicateur de vitesse, souvenez-vous), ce drôle d’instrument est une bille-aiguille qui permet de faire de beaux virages.

→ Les trois instruments suivants permettent quant à eux de se diriger, de savoir où l’on va. Ca peut être pratique quand même ! Nous y reviendrons dans un prochain article.

 

Suite de la visite avec la planche radio :

avion-a-z-cockpit-TB20-radios

Beaucoup de choses et de boutons, mais il s’agit simplement des moyens de communication avec le sol. On y règle par exemple les fréquences pour communiquer avec les contrôleurs aériens, le volume dans le casque des pilotes, ou encore un code afin d’être identifié facilement sur les écrans radars.

Un autre instrument présent à cet endroit indique la distance de l’avion par rapport à une balise implantée au sol : il s’agit d’un DME.

 

Et on termine avec le bloc de manette des gaz :

avion-a-z-cockpit-TB20-manette-gaz

Ces trois manettes permettent de contrôler le moteur et l’hélice :

→ La manette de gauche, noire, agit sur la puissance délivrée par le moteur.

→ La manette du milieu, bleue, permet de contrôler la vitesse de rotation de l’hélice. Fonctionnant d’une certaine manière comme l’embrayage d’une voiture, on va positionner cette manette différemment en fonction des phases du vol.

→ La manette de droite, rouge, détermine la quantité d’essence à envoyer au moteur. Dans l’article « Pourquoi les avions volent-ils si haut ? », nous expliquions que la quantité d’air diminuant avec l’altitude, il en va de même pour la quantité de carburant nécessaire (environ 15 grammes d’air pour 1 gramme de carburant). Plus on monte, moins il faut de carburant : cette manette est là pour ça !

Vous connaissez maintenant les grandes lignes du poste de pilotage d’un avion léger. Et comme je vous le disais en préambule, c’est à peine plus compliqué sur un avion de ligne !

 

Pour aller plus loin :

Maintenant que vous savez à quoi servent ces quelques boutons et manettes, quoi de mieux que de voir ça en vrai ? Saviez-vous qu’il y a un aéroclub à moins de 40km de chez vous, c’est à dire un endroit où vous trouverez une belle bande de passionnés qui se fera un plaisir de vous inviter à vous asseoir dans leurs avions ? Trouvez dès à présent le plus proche de chez vous :

http://www.ffa-aero.fr/FR/frm_CarteAeroclubs.awp

By | 2016-12-09T18:55:53+00:00 1 mai 2014|Technique|12 Comments

About the Author:

Pilote professionnel, instructeur et ingénieur aéronautique, je suis le fondateur du site "Comment ça vole ?" et me passionne pour la vulgarisation aéronautique ! Ca tombe bien, non ?

12 Comments

  1. Tom 1 mai 2014 at 14h45 - Reply

    Salut Julien !

    Super tes articles !
    Moi, je conseille à tout le monde de répondre positivement à tes appels et partir en vol avec toi. Là, toutes les explications deviennent concrètes et on comprend avec la pratique 🙂 Et on voit les nuages de plus près 😀

    En ce qui concerne la position à droite pour les pilotes d’hélico, j’ai une petite explication qui vaut ce qu’elle vaut. Mais elle tient la route:
    La position du pilote sur les commandes est la suivante: cyclique dans la main droite, collectif dans la gauche et les palonniers aux pieds. Un hélicoptère est une machine instable (hélicos légers) qui demande à être « maintenue » à chaque instant. On peut appliquer une friction sur le collectif afin de maintenir une puissance constante dans certaines phases de vol, notamment la croisière. Cependant, impossible de lâcher le cyclique, même avec friction (toujours dans la cas des hélicos légers)
    Du coup, la main droite est occupée en permanence ! La gauche, non ! Celle-ci peut donc s’occuper à régler certains instruments, à manipuler une carte ou un gps, à boire un coup, manger un gâteau… bref, à faire tout ce qui peut être nécessaire 🙂
    Il est alors facile de comprendre que ces manipulations s’avèreraient impossible en position gauche !

    Ca a dû commencer comme ça aux débuts de la voilure tournante, quand il n’y avaient que des hélicos légers; ensuite c’est devenu une convention.
    Ou alors les pionniers de l’hélico n’étaient pas cavaliers 😉

    A++
    Tom

    • Julien 1 mai 2014 at 21h34 - Reply

      Salut Tom ! Merci pour ton message et pour le partage d’information.
      On en apprend des choses ici 🙂

      • Tom 7 mai 2014 at 7h55 - Reply

        De rien Julien ! Comme tu dis, on en apprend des choses ici 😉
        Tango Oscar Mike

      • guillemain 15 mars 2015 at 11h04 - Reply

        salut julien

  2. Elisabeth d'Armaillé 7 mai 2014 at 9h15 - Reply

    Merci Julien et merci Tom pour toutes ces infos…! Au moins c’est vraiment compréhensible du « grand » public !
    Bravo Uniform Charlie Hotel Echo

  3. Alexandre 13 mai 2014 at 20h21 - Reply

    Salut Julien ! C’est par l’intermédiaire de la page Facebook de l’ENAC que j’ai pu connaître ta page Web. Je suis ravi qu’il y ait un site aussi bien présenté concernant l’aéronautique, c’est très bien structuré, j’aime beaucoup ! En attendant d’autres articles ! Ce qui serait bien aussi, mais tu l’as déjà fait notamment pour le « badin », c’est aussi d’avoir quelques notes historiques avec des noms et des dates. Merci et bonne continuation dans ce formidable projet. Alpha Lima Echo X-ray

    • Julien 13 mai 2014 at 23h47 - Reply

      Bonjour Alexandre,
      Merci pour ces encouragements à continuer. Je prends en note la suggestion !
      Bonne soirée et merci encore,
      Julien

  4. KEKE 6 mars 2015 at 18h05 - Reply

    SI JE JAIS 1M94 EST CE QUE SE SERA POSSIBLE POUR QUE JE PUISSE MONTER DANS UN PETITAVION DE 2PLACES

    MERCIDAVANCE

    • boby 17 juillet 2015 at 17h10 - Reply

      Bjr,.
      > David douillet,1m96,a piloté dans un petit avion quand il a poussé la porte d’un aéro-club et d’assez forte corpulence.
      Cdlt

  5. robin d' agen 16 août 2015 at 11h59 - Reply

    Merci julien , je suis un jeune lycéen de 17 ans voulant devenir ingénieur en aéronautique et je trouve sa super de trouver des infos clair et simples sur le fonctionnement des avions sur se site .
    Merci encore et bonne continuation 🙂

  6. jordyodziela 21 février 2017 at 15h47 - Reply

    si seulment un jour je pourrais pilote un avion ce serait une bonne chose!

  7. Dadoune 15 juillet 2017 at 9h15 - Reply

    Mon rêve c’est de piloter un petit avion
    quant je suis en l’air
    Grâce apesanteur, je me sens bien physiquement
    Un instructeur m’a dit une fois -« c’est parce que j’ai trouvé un lei où je sens bien ! »

    cdlt

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