Petit tour d’horizon des idées reçues, mythes et autres légendes qui entourent le monde mystérieux du transport aérien…

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1. Les traces blanches que l’on voit derrière un avion en vol sont ses gaz d’échappement.

FAUX ! Il s’agit en fait de « trainées de condensation », c’est à dire de vapeur d’eau passée à l’état liquide, sous forme de gouttelettes, au même titre qu’un nuage.

A la sortie d’un réacteur, l’air est très chaud et humide. Et il se retrouve en l’espace de quelques instants dans un environnement très froid (l’air en altitude). Comme expliqué dans l’article sur la formation des nuages, une masse d’air chaud peut contenir plus de vapeur d’eau qu’une masse d’air froid. Si on refroidit l’air qui sort des réacteurs, on atteint donc une limite (qu’on appelle la saturation) à partir de laquelle cette vapeur d’eau va devoir passer à l’état liquide.

Ces traînées blanches ne sont donc pas des gaz d’échappement mais de simples nuages créés par le passage de l’air à travers un réacteur.

 

2. Le contenu des toilettes est vidé en vol

FAUX ! Contrairement à une légende urbaine, le contenu des toilettes d’un avion ne risque pas de vous tomber sur la tête lors de votre prochain barbecue.

Tous les avions de ligne actuels sont équipés de cuves dans lesquels le contenu des toilettes est aspiré. Ces cuves sont ensuite vidées par le personnel au sol après l’atterrissage. Aucun crainte à avoir donc !

 

3. L’éclairage de la cabine est diminué lors des décollages et atterrissages de nuit afin d’embêter les passagers qui souhaitaient terminer leur journal

FAUX ! Cette pratique est due à une réglementation internationale qui impose de réduire l’intensité lumineuse afin d’habituer les yeux des passagers à l’obscurité dans le but de permettre d’évacuer l’avion plus facilement en cas de nécessité.

Petit rappel anatomique :
→ En arrivant dans l’œil, la lumière passe à travers la pupille, une ouverture dont la taille varie en fonction de la luminosité. S’il fait très clair, la pupille laisse passer peu de lumière et vice versa. C’est un principe qu’on retrouve dans le fonctionnement des objectifs d’appareils photo.
→ Sur la rétine se trouvent deux types de cellules : les cônes, dédiés à la vision de jour, et les bâtonnets qui sont plus sensibles et permettent de voir en cas de luminosité plus faible. Ces bâtonnets ont besoin de plusieurs minutes d’adaptation avant d’être totalement efficaces.

 

4. Les trous d’air sont un phénomène dangereux qui se produit lorsqu’un avion traverse une zone « sans air »

FAUX ! Mais vous le saviez certainement déjà en tant que lecteur assidu de « Comment ça vole ? ».

Comme expliqué dans l’article « Pourquoi y a-t-il des turbulences ? », ces perturbations sont dues à des changements rapides de la direction ou de la vitesse du vent qui entoure l’avion : des remous qui peuvent avoir pour origine des reliefs, le réchauffement de l’air proche du sol, le passage d’un autre avion ou encore la rencontre de masses d’air de caractéristiques différentes…

Mais quoi qu’il en soit, il n’y a absolument jamais de trous dans l’air et donc aucune chance de tomber dedans !

Le seul risque en cas de fortes turbulences est de vous cogner la tête au plafond… Ce n’est pas une blague, car ça peut faire très très mal ! N’ayez donc aucune hésitation lorsque l’hôtesse ou le steward vous rappelle d’attacher votre ceinture !

 

5. Il est possible d’ouvrir les portes d’un avion de ligne en vol

FAUX ! Pour pouvoir ouvrir une porte d’un avion de ligne, il faut dans un premier temps la tirer de quelques centimètres vers l’intérieur de l’appareil. Mais en vol c’est impossible, en raison de la plus forte pression dans la cabine.

L’article « La pressurisation, pourquoi et comment ? » explique que l’air est compressé à l’intérieur de l’avion jusqu’à atteindre une densité d’air proche de celle au sol et permettant de respirer. En fait, on « gonfle » l’avion comme un ballon de foot en faisant augmenter la pression à l’intérieur.

Ainsi, vu que la pression de l’air en cabine est supérieure à celle de l’air environnant, il est impossible de tirer la porte vers l’intérieur et donc d’enclencher le mécanisme d’ouverture. CQFD !

 

6. Les boîtes noires sont noires

FAUX ! En effet, les boîtes noires ne sont pas noires mais oranges afin de pouvoir les retrouver plus facilement en cas d’accident.

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Il existe deux types de boîtes noires :
→ Les CVR (Cockpit Voice Recorder – Enregistreur vocal du poste de pilotage) permettent de transcrire l’ensemble de l’environnement sonore du poste de pilotage : les voix des pilotes, les conversations avec les contrôleurs aériens, les messages à l’attention des passagers, les alarmes sonores,… En bref, tout ce que l’on peut entendre quand on est assis à la place d’un pilote.
→ Les FDR (Flight Data Recorder – Enregistreur de paramètres de vol) enregistrent des centaines voire des milliers de paramètres en continu : la vitesse, l’altitude, la température extérieure, la pression dans la cabine, les paramètres moteurs… Beaucoup plus d’informations que celles accessibles aux pilotes.

 

7. Le copilote est l’assistant du pilote

FAUX ! Contrairement à un mythe très répandu, le copilote n’est pas l’assistant de celui qui pilote l’avion.

Les équipages actuels sont dans la plupart des cas composés d’un « commandant de bord » et d’un « copilote » qui ont tous deux suivis strictement la même formation, ont les mêmes qualifications et les mêmes compétences. Ils se partagent donc les tâches liées au pilotage de l’avion, aux communications avec les contrôleurs aériens, à la gestion du carburant… Techniquement, tous les deux font le même travail !

La différence entre ces deux pilotes est que le « commandant de bord » est celui qui assume la responsabilité du vol et il est donc le chef à bord de son appareil (il a autorité sur l’ensemble de l’équipage mais aussi sur les passagers afin d’assurer les meilleures conditions de sécurité). Le commandant de bord acquiert ce titre après plusieurs années d’expérience en tant que copilote, ce qui lui permet de prendre du recul dans ses décisions, en particulier dans la gestion des situations inhabituelles.

 

8. Si ses moteurs sont en panne, un avion tombe comme une pierre

FAUX ! Saviez-vous que les planeurs sont des avions sur lesquels le constructeur a oublié (un peu volontairement il faut l’admettre) d’installer un moteur ? Un avion dont tous les moteurs seraient en panne se comporterait donc comme un planeur : il continuerait à voler en perdant doucement de l’altitude.

A titre d’exemple, un Airbus A320 peut planer sur une distance allant jusqu’à vingt fois son altitude. Si ses moteurs tombaient en panne pendant la croisière à 10 kilomètres d’altitude, il pourrait planer sur 200 kilomètres : de quoi trouver un aérodrome où se poser en toute sécurité !

 

9. La mission principale des hôtesses et stewards est de s’assurer du confort des passagers

FAUX ! Leur fonction la plus importante est d’assurer la sécurité à bord.

Les hôtesses et stewards dans un avion sont appelés PNC (Personnel Navigant Commercial) et les pilotes PNT (Personnel Navigant Technique). N’avez-vous jamais entendu le chef de cabine annoncer « PNC aux portes, armement des toboggans, vérification de la porte opposée » ? Il s’agit de mettre en marche le système de déploiement automatique des toboggans qui permettent d’évacuer l’avion en cas de problème.

La formation des PNC leur permet d’acquérir des compétences dans des domaines tels que les premiers secours, la lutte contre le feu et la fumée, la sûreté ou encore la gestion des passagers les moins coopératifs…

 

10. Piloter est une activité réservée à une élite

FAUX ! C’est une activité accessible à tous les passionnés. Dès le plus jeune âge (13 ans) il est possible d’avoir une première approche du milieu aéronautique grâce au BIA, le Brevet d’Initiation Aéronautique. Pour les apprentis pilotes qui souhaitent poursuivre leur formation, les fédérations ont mis en place des aides financières destinées spécifiquement aux jeunes.

Vous souhaitez apprendre à piloter, trois solutions s’offrent à vous :
→ L’avion : FFA
→ L’ULM : FFPLUM
→ Le planeur (vol à voile) : FFVV

En bref, n’hésitez pas à pousser la porte d’un aéroclub, d’une école d’ULM ou d’un club de planeur, vous y serez toujours le bienvenue ! Et en plus, il y a forcément un aérodrome près de chez vous.

  

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